Explorée ou détectée, actuellement non indexée : que faire ?
Ce que veulent dire les états du rapport d’indexation de Search Console, lesquels ignorer, dans quel ordre vérifier, et ce qui marche ou pas.
Ouvrez le rapport d’indexation des pages de n’importe quel site : vous y trouverez une longue liste de pages que Google n’a pas indexées. La plupart vont très bien. Tout l’art est de distinguer les quelques-unes qui comptent des nombreuses qui ne comptent pas, sans y passer la semaine.
Google le dit lui-même : votre objectif est d’obtenir l’indexation de la version canonique de chaque page importante, et il ne faut pas s’attendre à ce que toutes les URL le soient. Beaucoup de pages exclues, ce n’est pas un problème en soi.
Ce que veut dire chaque état
Les définitions ci-dessous sont celles de Google. La colonne de droite est notre lecture de ce qui suit en général.
| État | Ce que ça veut dire | En général |
|---|---|---|
| Explorée, actuellement non indexée | Google a exploré la page et ne l’a pas indexée | À regarder si elle compte : trop mince, en double ou mal liée |
| Détectée, actuellement non indexée | Google a trouvé la page et ne l’a pas encore explorée | D’abord les liens internes, et la santé du serveur sur un gros site |
| Page en double : Google a choisi une autre URL canonique que l’utilisateur | Vous l’avez marquée canonique, et Google pense qu’une autre URL convient mieux | À vous de voir qui a raison. Voir plus bas |
| Page en double sans URL canonique sélectionnée par l’utilisateur | Un doublon sans version préférée indiquée | Ajoutez une URL canonique si vous tenez à celle qui s’affiche |
| Autre page avec balise canonique correcte | Elle pointe bien vers la canonique, qui est indexée | Rien. Le système fonctionne |
| Page avec redirection | Une URL non canonique qui redirige | Rien, sauf si elle est dans votre sitemap |
| URL marquée « noindex » | Google a rencontré un noindex et a obéi | Vérifiez que c’est voulu |
| URL bloquée par le fichier robots.txt | Votre robots.txt la bloque | Vérifiez que c’est voulu |
| Erreur « soft 404 » | Elle répond 200 mais ressemble à une erreur ou à une page vide | Renvoyez un vrai 404, ou mettez-y du contenu |
Explorée ou détectée
Ces deux-là sont celles que tout le monde cherche, et elles ne désignent pas la même chose.
Explorée, actuellement non indexée veut dire que Google a vu la page et a choisi de ne pas la garder, au moins pour l’instant. Explorer davantage ne change pas un jugement déjà rendu : c’est la page qui doit changer, ou les signaux autour d’elle. Est-ce la quasi-copie d’une autre de vos pages ? Dit-elle quelque chose qu’on ne trouve pas sur la page d’à côté ? Une page importante pointe-t-elle vers elle ?
Détectée, actuellement non indexée veut dire que Google connaît l’URL et ne l’a pas récupérée. Sur un très gros site, c’est souvent le budget de crawl : le guide de Google sur le sujet s’adresse aux sites de plus d’un million de pages mises à jour chaque semaine, ou de 10 000 pages modifiées chaque jour, et à ceux qui ont une forte part d’URL dans cet état. Sur un site de quelques centaines de pages, nous regarderions d’abord les liens internes : une URL présente seulement dans un sitemap dit bien peu à Google sur ce qui la rend intéressante.
Dans quel ordre vérifier
- Cette page compte-t-elle ? Si c’est une page de mot-clé, un filtre ou une vieille archive, arrêtez-vous là.
- Inspectez une URL. L’outil d’inspection d’URL montre la dernière exploration et l’URL canonique sélectionnée par Google. Ses résultats viennent de la dernière version explorée, ce n’est pas un test en direct.
- Vérifiez la canonique. Si Google en a choisi une autre, comparez les deux. Ce sont souvent des doublons et Google a raison. Les redirections et
rel=canonicalsont des signaux forts, le sitemap un signal faible, et les combiner aide. - Vérifiez les liens internes. La règle de Google est simple : chaque page qui compte pour vous doit recevoir un lien d’au moins une autre page de votre site. Faites un lien depuis une page qui a du trafic, avec une ancre descriptive.
- Lisez la page. Mérite-t-elle d’être indexée ? Si vous la survoleriez, les systèmes de Google aussi, et aucun réglage n’y changera rien.
- Alors seulement, demandez l’indexation. Une fois. Il y a une limite quotidienne, et une demande ne garantit rien. Google parle en général d’un jour ou deux, et jusqu’à une ou deux semaines.
Si vous avez corrigé toute une famille de pages, utilisez Valider la correction dans le rapport. La validation prend en général jusqu’à environ deux semaines, parfois bien plus.
Ce qui ne marche pas
L’API Indexing, pour des pages ordinaires. Elle ne peut servir que pour des pages avec un balisage JobPosting ou BroadcastEvent. Google prévient que les abus, notamment plusieurs comptes pour contourner les quotas, peuvent coûter votre accès.
noindex et un blocage robots.txt ensemble. Pour que noindex fonctionne, la page ne doit pas être bloquée par robots.txt, sinon Google ne voit jamais la balise. Pour la même raison, robots.txt ne sert pas à choisir une canonique : Google peut indexer une URL interdite sans son contenu.
Un plus gros sitemap. Un sitemap est une suggestion que Google suit ou non. Gardez-le exact : seulement des URL canoniques, chaque fichier sous 50 000 URL et 50 Mo, et un lastmod que vous pouvez défendre, car Google ne s’en sert que s’il est constamment exact. Il ignore priority et changefreq.
Supprimer des pages pour faire joli. Google met en garde contre le fait de retirer beaucoup d’anciens contenus surtout parce que vous pensez que cela aidera votre classement.
Chez Bing, c’est une autre histoire
Pour Bing, IndexNow permet de signaler directement qu’une URL a changé, jusqu’à 10 000 URL par envoi. Sa FAQ cite Amazon, Bing, Naver, Seznam.cz, Yandex et Yep comme points d’entrée, et ne mentionne pas Google. Elle dit aussi clairement qu’un envoi ne garantit pas l’indexation.
Surveiller plusieurs sites
La liste d’exemples du rapport s’arrête à 1 000 lignes et ne montre pas forcément toutes les URL, même si ses totaux sont complets. Pour savoir quand quelque chose change, surveillez trois choses, par site, une fois par semaine : le nombre de pages indexées, le compte dans chaque état, et une courte liste de pages qui doivent être indexées.
Pour cette courte liste, l’API d’inspection d’URL permet 2 000 appels par jour et par site. Assez pour vérifier chaque jour vos pages les plus importantes, et noter le jour où l’une cesse d’être indexée. La vue indexation d’Owlseen utilisera la même API autrement : les pages vues dans la recherche seront vérifiées à tour de rôle, aucune plus d’une fois par semaine, si bien qu’un site avec beaucoup de pages mettra plus longtemps à en faire le tour, et vous verrez à l’écran et par MCP quand l’une est sortie. Les pages présentes seulement dans un sitemap attendent le robot d’exploration. Il n’est pas encore sorti : pour l’instant, un petit script et un tableur font le travail.
Si les pages sont indexées mais perdent des clics, c’est un autre problème : voir les pages qui perdent du trafic.